Dernier article en Juillet 2010... hum, un an et demi en pause et me voilà de retour! Peut-être pas pour très longtemps, mais qui sait?
Après un si long moment sans activité - c'est de notoriété publique, tous les médecins vous le diront - il faut une petite phase d'adaptation, pour se remettre doucement au boulot. Voilà pourquoi j'assume tout à fait ne pas m'être vraiment foulée pour ce billet.
Une simple citation donc, tirée d'un bouquin qui n'est pas loin d'être mon livre de chevet officiel (on a les rock stars qu'on mérite !) : l'intégrale des écrits de Brassens. On y trouve tous les textes de ses chansons enregistrées, pas enregistrées et même des brouillons pas achevés ou des variantes, et ça fait déjà pas mal, mais aussi ses articles écrits pour le journal Le Libertaire, de tentatives de pièces de théatre ou de roman (qui heureusement ne restent que des tentatives!) et enfin, ce qui sans exagérer m'intéresse au plus au point, sa correspondance ou du moins ce qu'on a retrouvé. On lit dans ces lettres rédigées pour la plupart à Paris entre 1946 et 1969, des réflexions sur la littérature, la poésie, la philosophie, la politique... Le ton est parfois hésitant, notamment quand il demande à son principal destinataire, son ami d'enfance Toussenot, un avis sur ses premiers textes, mais le plus souvent ces pages reflètent l'assurance presque bravache du jeune homme qui n'imagine pas vivre autrement que par sa plume, quitte à manquer de tout, jusqu'au timbre nécessaire à l'envoi de la lettre suivante et qu'il réclame régulièrement.

Mais j'annonçais une citation, la voilà donc, p. 1120, au détour d'une lettre adressée à Toussenot ("Mon cher vieux") datée du 24 Juillet 1948 :
"La chanson, un art mineur? Il ya des chansons mineures, voilà tout. C'est un préjugé. Nom de Dieu. Cela revient à dire que tous les flics sont des cons, ce qui est vrai au reste."
Bien avant le coup d'éclat de Gainsbourg, la question est réglée, je sais pas vous mais moi, ça me passe toute envie de commentaire.
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Bon si vous insistez, je rajouterais juste qu'en vrai, il continue à s'interroger autour de ce problème de l'art mineur ou majeur dans quelques lettres suivantes ( le 8 Aout 1948 : "J'ai repensé aux chansons. Ce genre n'est pas plus mineur qu'un autre. Tout dépend de la personnalité de l'auteur. Verlaine écrivait des poésies qui ressemblent à des chansons. Autrement jamais notre plume ne nous fera vivre"). Ce passage est peut-être même plus intéressant que le précédent : on voit que la chanson est presque un choix par défaut pour lui, qu'il prend Verlaine comme modèle, qu'il invoque un peu bizarrement ce qu'il appelle la "personnalité de l'auteur"... ça sera pour un autre fois!
Finalement, il est pas si rudimentaire ce billet... allez, j'arrête là, dans le prochain article je vous expliquerai pourquoi Léo Ferré n'est qu'un ennemi du peuple à la solde du pouvoir capitaliste, ça sera plus reposant.




